Le média des décideurs

15.06.22

L’Indre et les défis d’un territoire rural

       L'Indre, au cœur de la région Centre-Val de Loire, à 2h de Paris, 3h de la mer et de la montagne, est un département singulier qui ne laisse personne indifférent avec le Parc naturel régional de la Brenne, refuge pour la biodiversité et témoignage de l'art de vivre français. Mais c'est aussi un territoire rural -avec ses problématiques de mobilité, d'accès aux soins et d'attractivité - qui peut compter sur l'ensemble des acteurs concernés par son développement.

Laurent Laroche

Maire de Belabre et Président du Parc Naturel Régional de la Brenne
«  L’ambition du Parc est de faire vivre, prospérer, et sauvegarder notre territoire. »

Clément Sapin

Ancien candidat à l’élection législative
« L’Indre, un territoire qui regorge de petits trésors, de beautés cachées presque confidentielles. »

Thierry Bluet

Directeur de l’agence d’attractivité de l’Indre
« Qualité de vie, nature, grands espaces : de réels leviers d’attractivité pour l’Indre. »

Interview#1

Réinventer chaque jour son territoire au service de ses habitants, le cas d’école du Parc Naturel régional de la Brenne

Laurent Laroche, maire de Belabre, Vice-Président de la communauté de communes Marche Occitane et Val d’Anglin, est depuis septembre 2020 également Président du Parc Naturel Régional (PNR) de la Brenne. Il nous livre les enjeux de ce territoire, surnommé le pays des mille étangs, et les actions « tout terrain » menées par le PNR pour y répondre. 

Comment est né le Parc naturel régional de la Brenne ?

Les élus locaux se sont regroupés il y a plus de 30 ans pour définir un avenir possible et homogène pour nos 51 communes. Territoire rural, en situation de fragilité, notamment du fait d’un exode continu de nos habitants, nous nous sommes associés pour travailler de concert à l’amélioration de notre environnement, à la préservation de la biodiversité sur notre territoire mais aussi à son développement économique et social, et à ceux de secteurs clés comme l’enfance, la jeunesse, la culture ou encore la santé. Le Parc est ainsi né d’une volonté locale, celle de faire vivre, prospérer, mais aussi sauvegarder notre territoire, et d’accroître sa notoriété. Nous nous définissons comme un laboratoire d’expérience à grande échelle. Nos habitants expriment un besoin et nous nous réunissons pour réfléchir ensemble aux solutions que nous pourrions mettre en place pour répondre à celui-ci. Nous sommes en permanence dans l’écoute et dans l’action.

Ce projet de concertation s’inscrit-il dans une charte ou tout autre représentation officielle ?

Cette volonté s’exprime dans une charte qui définit ce que nous voulons faire ensemble. Tous les quinze ans, celle-ci doit être révisée et notre classement en tant que « Parc naturel régional » est remis en jeu. Nous entamons la troisième révision de notre charte, qui s’appliquera entre 2025 et 2040. Nous avons ainsi démarré un diagnostic sur les réalisations que nous avions prévues et qui ont été transformées afin de réaliser un bilan de notre action. Nous menons en ce moment une phase de concertation avec tous les acteurs du territoire (collectivités, habitants, organismes professionnels, acteurs économiques, associatifs, chambres consulaires, etc.) pour penser le territoire dans les quinze prochaines années. Les enjeux sont majeurs, nous sommes notamment attendus par l’État sur le réchauffement climatique. En effet, nous avons connu de nombreux incendies, des sécheresses ces dernières années et notre territoire doit prendre en compte ces nouvelles réalités. Fait marquant et malheureux, nos fameux étangs, à la fin du printemps, perdent 1m50 d’eau ! À nous d’être chaque jour plus innovants et plus imaginatifs pour proposer des solutions.

«  Le Parc est né d’une volonté locale, celle de faire vivre, prospérer, mais aussi sauvegarder notre territoire, et d’accroître sa notoriété. »

Justement, quelles sont les principales actions menées ?

Sur le plan de l’enfance, nous avons été par exemple précurseurs en initiant pour la première fois en France, une démarche enfance/jeunesse. Nous avons créé un relais assistantes maternelles qui est coordonné et animé par le Parc et qui permet aux assistantes maternelles de communiquer entre elles, de s’échanger des bonnes pratiques. Nous avons également ouvert une ludothèque itinérante.

Nous nous sommes également saisis du problème de la santé. Vous le savez, nous faisons face à une problématique de désertification médicale. Nous avons réalisé une étude, et les chiffres sont éloquents : plus de 25% de nos habitants ont renoncé aux soins sur le territoire ! Nos maisons pluridisciplinaires de santé se vident, les médecins et notamment les spécialistes partent à la retraite et ne sont pas remplacés. Nous sommes en train de proposer à la région un principe de salariat des médecins pour réussir à les maintenir sur notre territoire mais le défi est grand. Nous développons une politique d’accueil des professionnels de santé s’installant sur notre territoire en accompagnant les conjoints dans leur recherche de travail, ou, pour leurs enfants, en ouvrant des places en crèches avec l’aide de la communauté de commune compétente. Pour ne pas éloigner nos habitants du système de santé, nous menons également de nombreuses actions de sensibilisation. Lors du mois d’Octobre Rose, par exemple. 

Enfin, nous avons pensé tout un accompagnement pour les parents et futurs parents autour des 1 000 premiers jours de l’enfant pour qu’ils puissent connaître les actions menées par les différents acteurs investis auprès des familles sur le territoire. Nous avons conçu un site dédié pour mettre à disposition des familles des informations simples, fiables et accessibles et nous proposons des ateliers et des conférences.

Finalement, vous êtes avant tout un animateur de réseau ?

Tout à fait. Nous nous positionnons en tant que conseil auprès des habitants, en mettant en place des services et en valorisant les bons partenaires. Par exemple, en matière de patrimoine, de maintien de l’habitat, nous avons créé une plateforme de rénovation énergétique. Grâce à celle-ci, les habitants du territoire bénéficient de conseils pour entamer leurs travaux. Des conseils émanant de techniciens avec lesquels ils peuvent échanger en direct, et qui répondent à leurs questions en leur soumettant également un catalogue d’entreprises agréées par le parc pour réaliser leurs travaux. C’est un service totalement gratuit que nous mettons à leur disposition. La région Centre-Val-de-Loire, notre principal partenaire financier mais aussi le département de l’Indre et les fonds européens Leader, nous permettent de mettre en place ces actions novatrices.

Au-delà de cet indispensable soutien quotidien aux habitants, quels sont les principaux succès du PNR ?

Son fonctionnement : la réunion des bonnes volontés, de tous les élus, quelles que soient leurs idées politiques. Depuis plus de 30 ans, grâce notamment à l’élan donné par mon prédécesseur, Jean-Paul Chanteguet, nous nous mettons autour de la table pour échanger et trouver ensemble des solutions aux difficultés rencontrées par nos habitants. La charte, c’est d’abord un engagement de ses signataires. Nous n’avons aucun pouvoir réglementaire. Mais comme souvent, la sensibilisation et le contrat sont bien plus efficaces que la contrainte…

Interview#2

Être jeune et s’engager au service de son territoire

Avant l’accord politique à gauche et le retrait de nombreux candidats PS, Clément Sapin, 31 ans, avait été investi candidat dans la 1ère circonscription de l’Indre pour le Parti socialiste. Dans le cadre de sa campagne, le candidat avait réuni un « comité de réflexion » composé de quatre-vingts acteurs locaux, élus, militants politiques ou associatifs, afin d’émettre des propositions concrètes à partir des enjeux du territoire. Pour À priori(s), il retrace cette expérience de délibération et souligne les spécificités d’un territoire rural.

Comment décririez-vous le département de l’Indre ?

L’Indre regorge de petits trésors, presque confidentiels. C’est un territoire assez secret dont l’un des principaux attraits réside dans la découverte de ses spécificités justement. 

Citons les nombreuses églises romanes avec de très belles fresques, des châteaux au charme et à l’histoire souvent extraordinaires mais méconnus. C’est le cas par exemple du Château de Valençay, édifice important des « châteaux de la Loire » qui n’est pas toujours intégré au parcours touristique classique.

Ces petits trésors font toute la saveur de ce que j’appelle le « tendre » Berry.

L’Indre est à l’image de la maison de Georges Sand -qui est l’une des attractions touristiques du territoire : une apparence discrète, mais recelant des beautés cachées. C’est d’ailleurs dans cette maison que Chopin a écrit certains de ses plus grands chefs-d’œuvre. Enfin, la nature y est particulièrement présente notamment avec le Parc Naturel Régional de la Brenne.

«  L’Indre regorge de petits trésors, presque confidentiels. C'est un territoire assez secret dont l’un des principaux attraits réside dans la découverte de ses spécificités justement.  »

Pourquoi s’engager politiquement sur ce territoire ?

J’ai vécu sur ce territoire toute ma jeunesse avec une parenthèse, plutôt classique, pour les études supérieures car celui-ci n’a pas la chance de proposer un pôle universitaire conséquent. Mon ancrage est donc d’abord et avant tout personnel et familial et je suis très fier de continuer à travailler ici dans mon milieu professionnel qui est la musique.

Concernant mon engagement politique, jamais je ne me serais présenté à la députation ailleurs que dans l’Indre. Je passe beaucoup de temps à Paris pour mon travail mais je n’ai jamais ressenti cette envie de m’engager dans la capitale. Je me suis présenté pour la première fois en 2020, et suis devenu conseiller municipal à Argenton. J’ai également fait la campagne des régionales l’an dernier aux côtés de François Bonneau.

Même si vous n’êtes plus candidat, quel est pour vous le rôle d’un député au service de son territoire ? Comment s’articule son action entre la représentation nationale et le rôle local ?

Un député est un ambassadeur, un porte-étendard de ce qu’on appelle une « circonscription ». Néanmoins, et vous avez raison, les députés sont aussi des représentants de la nation qui siègent à l’Assemblée nationale pour influer ou changer la politique intérieure de la France. Un député est donc un représentant de la nation élu localement. L’un des défis de cette double appartenance est de faire le lien constant entre les deux niveaux en identifiant les enjeux de son territoire pour les porter dans le débat.

C’est dans ce sens d’ailleurs que j’ai créé un comité de réflexion de personnes issues de toute la circonscription pour essayer d’identifier précisément les enjeux majeurs du territoire. Je prends souvent pour exemple, la santé, car l’Indre fait partie de ces malheureux déserts médicaux puisqu’un tiers des habitants du département n’a plus de médecin traitant. Les hôpitaux publics sont en désuétude, une de nos maternités, celle du Blanc, a fermé et cette problématique de la santé, qui est en apparence une problématique locale, doit être portée au niveau national car bien des territoires connaissent la même situation. C’est tout l’enjeu, je crois, des mandats de députés.

«  L’Indre regorge de petits trésors, presque confidentiels. C'est un territoire assez secret dont l’un des principaux attraits réside dans la découverte de ses spécificités justement.  »

Quels enseignements avez-vous tirés de ce comité de réflexion ? Avez-vous ressenti chez les citoyens un besoin de de prendre la parole et d’être écouté ?

Ma démarche part d’un constat d’humilité car personne ne peut tout connaître de son territoire. Je ressentais vraiment ce besoin d’être accompagné et de créer un collectif pour nourrir ma réflexion de campagne afin d’être le porte-voix des préoccupations citoyennes. Quand j’ai lancé cette démarche de consultation et de construction collective du projet, j’ai bien senti un besoin de s’exprimer, de réfléchir, de refaire de la politique. Je crois que c’est un peu ça qu’on voit émerger ces dernières années, c’est une aspiration qu’il faut entendre et écouter.

Les corps intermédiaires avec l’avènement de la macronie ont été complètement délaissés comme les partis politiques ou les syndicats, et c’est donc la courroie de transmission entre les populations et le personnel politique qui a été cassée, en très grande partie. En revenant sur le terrain, on voit très bien que les gens ont ce besoin de parler politique, de débattre, d’échanger, de reconstruire. C’est l’aspect le plus enthousiasmant que j’ai pu constater lors de mon « début » de campagne.

Les Français aiment la politique, demandent plus d’ implication et je me réjouis de percevoir cette volonté et cet espoir. Il ne faut surtout pas perdre cette dynamique car elle est indispensable à l’élaboration de projets, à la construction du commun. Or, la politique doit être des divergences de points de vue, parfois des oppositions de projets et surtout pas uniquement des rejets de personnes : le tout sauf Macron, le tout sauf Le Pen, le tout sauf Mélenchon. Le rejet systématique, presque systémique dans ce nouveau monde politique, est moins perceptible à l’échelle locale car toute initiative de construction collective est perçue avec bienveillance voire impatience. Cette campagne présidentielle a fait l’objet – malheureusement – de peu de débats et j’espère sincèrement que nous ne commettrons pas cette même erreur pour les élections législatives.

«  Le travail que nous avons mené a consisté à mettre en récit nos propositions car c’est peut-être le plus important en politique. Il faut réussir à raconter une histoire pour éveiller et faire adhérer le plus grand nombre et non raconter des histoires pour endormir le peuple… »

Dans la suite du travail de réflexion que vous avez mené sur les « propositions pour l’avenir de l’Indre », quels sont les défis politiques identifiés pour le territoire ? Les enjeux des prochaines années ?

Je n’avais aucune idée préconçue avant de créer ce comité, pas d’a priori même si certains enjeux étaient déjà identifiés comme la santé par exemple. Mon objectif était davantage le renouveau d’une méthode politique. Le travail que nous avons mené a consisté à mettre en récit nos propositions car c’est peut-être le plus important en politique. Il faut réussir à raconter une histoire pour éveiller et faire adhérer le plus grand nombre et non raconter des histoires pour endormir le peuple…

Nous avons ainsi construit trois axes principaux :

  • « Bien vivre » au sein duquel nous avons inclus les enjeux de santé, de logement, de pouvoir d’achat et d’environnement.
  • « Se rencontrer » avec les enjeux de mobilités, le lien intergénérationnel car nous sommes un territoire vieillissant, le sport, la culture et la solidarité. Après la COVID, l’enfermement, le cloisonnement, nous avions trouvé nécessaire de remettre au cœur de de cette campagne le fait de se rencontrer et de s’éveiller à l’autre.
  • Enfin, « s’accomplir ensemble », le troisième axe, regroupe l’éducation, la jeunesse, la démocratie participative et deux autres enjeux majeurs du territoire : l’attractivité et l’emploi.

Parmi toutes ces préoccupations, la santé reste la priorité. Il existe un consensus des élus aujourd’hui, au-delà des étiquettes politiques, pour décrire le désespoir de la situation de l’accès aux soins dans notre département. Autre enjeu de premier plan pour les territoires ruraux et enclavés, la mobilité et le développement des transports en commun, avec l’absolue nécessité de se déplacer malgré l’inflation et le coût du de l’essence (80% des indriens utilisent leur voiture pour se rendre au travail).

L’attractivité et l’emploi constituent aussi des défis importants car le département perd des habitants chaque année. L’Indre doit retrouver une attractivité pour envisager un développement sain et pérenne et pour cela, la réinstallation des services publics reste la priorité. Qui viendra demain s’installer sans école, sans médecin, sans poste, sans train ? Pas grand monde. Il faut prendre le problème à la racine.

Clément Sapin est directeur artistique du festival Les Intemporel-les qui se déroule principalement dans les Jardins de la Grenouille à Argenton-sur-Creuse (photo ci-dessus)

Interview#3

Mettre les franciliens au vert, le grand défi de l’Indre

« Et vous le télétravail, c’était comment ? ». Pour sa campagne d’affichage dans le métro parisien, à l’été 2021, l’Indre avait souhaité miser sur les points forts du département face à la capitale : la qualité de vie, la nature et les grands espaces. Thierry Bluet, directeur de l’agence d’attractivité de l’Indre (A²I), nous présente son plan d’action pour attirer touristes et résidents dans ce territoire.

L’agence d’attractivité de l’Indre fête ses trois ans d’existence, quels étaient les enjeux liés à sa création ? Quel premier bilan pouvez-vous tirer ?

L’Indre perd des habitants depuis les années 1960, comme la plupart des départements ruraux. Le conseil départemental a souhaité en 2019 apporter une nouvelle dynamique et enrayer cette érosion démographique. Depuis 2015, si les départements ont perdu une grande partie de leurs compétences économiques, qui reviennent aux communautés d’agglomération et aux régions, ils ont en revanche conservé un de leurs grands leviers d’attractivité : le tourisme. Le conseil départemental a donc souhaité transformer son agence de développement touristique en agence d’attractivité de l’Indre. Car un touriste est un résident potentiel ! Plus que du développement touristique, nous proposons aujourd’hui du marketing territorial.

Quels aspects de l’Indre mettez-vous en avant pour attirer les touristes ?

D’abord, nous considérons que le caractère rural de notre département est une force. Parfois injustement décriée, la ruralité est pour nous un réel atout et nous voulons construire une offre fondée sur ses valeurs : la sincérité, la simplicité, la chaleur humaine, la générosité. Comme nous avons pu le constater lors des études sociologiques qualitatives que nous avons réalisées, ce ne sont pas que des mots, mais des comportements réellement perçus par les habitants de l’Indre.

Nous misons également sur l’aspect « nature » du département. L’Indre est un département riche de paysages différents. Le parc régional de la Brenne offre aux visiteurs des dizaines de kilomètres carrés de nature, d’étangs, avec une faune et une flore très développées, de magnifiques sentiers de randonnée. La vallée de la Creuse, dont les routes sinueuses sont parsemées de points de vue à couper le souffle, permet de faire du canoë, du ski nautique, de la varappe, de l’alpinisme. 

L’art de vivre y est également bien représenté, notamment sur le nord du département, avec les châteaux de Valençay et de Bouges, les vignobles de Valençay et le fromage de chèvre du même nom.

À quelle population vous adressez-vous en particulier ?

Nous visons les familles, plutôt jeunes, qui apprécient la nature, la campagne, qui auraient à cœur de faire des balades à vélo ou à cheval en ne croisant personne ou presque. Le confinement nous a ouvert une nouvelle clientèle, attirée par le côté vert et les grands espaces.
Pour les nouveaux résidents, nous jouons sur le registre de la qualité de vie. Par exemple le temps moyen pour se rendre à son travail est de 11 minutes. Nous avons accueilli récemment un couple de cadres parisiens qui nous disent revivre, ils ne s’imaginaient pas pouvoir sortir du bureau à 18h et être en train de jouer au tennis de table avec leurs enfants dès 18h15, dans leur jardin. Les touristes et les nouveaux résidents viennent des départements limitrophes, d’Île-de-France et des Hauts-de-France. 

Justement, comment comptez-vous convaincre d’éventuels nouveaux résidents de s’installer en Indre ?

Outre l’aspect nature et qualité de vie que j’ai déjà évoqué, nous souhaitons leur présenter des éléments objectifs. Les prix de l’immobilier de l’Indre, à l’achat, se maintiennent à 1 000 euros du mètre carré en moyenne. C’est-à-dire que pour le prix d’un studio parisien vous avez la possibilité d’acheter une petite ferme à 15 minutes de Châteauroux. Nous avons d’ailleurs joué sur ce point pour notre campagne d’affichage dans le métro parisien, afin d’attirer la curiosité, avec gentillesse, des Parisiens ayant passé le confinement dans un petit appartement. Et cela a bien fonctionné car cette campagne a fait beaucoup de bruit !

Nous avons également lancé au mois de mars un nouvel outil en ligne, indre-emploi.fr, qui est bien plus qu’une simple plateforme pour trouver un emploi. 3 700 offres d’emploi y sont à pourvoir mais nous l’avons transformé également en un véritable outil de marketing territorial, en présentant toutes les bonnes raisons de venir s’installer et travailler dans l’Indre. 

Nous mettons, par exemple, en avant le dynamisme d’une ville comme Châteauroux, notamment au niveau culturel. La salle de concert, le Mach 36, peut recevoir jusqu’à 3 600 spectateurs, l’Équinoxe est le plus grand théâtre de la région Centre, avec une magnifique programmation et la région propose de nombreux festivals de musique classique tout au long de l’année. 

La présence de médecins et personnels de santé est indispensable à la vitalité d’un territoire, quels sont les atouts de l’Indre pour les attirer ?

Nous essayons de leur transmettre un message fort : vous pouvez pratiquer pleinement et sereinement votre métier, tout en bénéficiant d’une grande qualité de vie telle qu’évoquée précédemment. 

Nous vivons sur un territoire où la tension sur les médecins spécialistes fait que les médecins généralistes peuvent étendre leurs pratiques en faisant un peu, au cours de leurs consultations, de rhumatologie, de pneumologie, de cardiologie, etc. Leur rôle n’en est que plus important auprès de la population et cela répond à une quête de sens, très marquée chez une nouvelle génération de médecins.

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