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06.10.23

Enoch Effah : des gants à l’entrepreneuriat

       Champion de boxe, entrepreneur, auteur, chargé de mission auprès de de la direction du groupe IGS, conférencier... Enoch Effah multiplie les casquettes. Rencontre avec un homme qui a fait de la persévérance une philosophie de vie.

Toutes les grandes championnes et tous les grands champions ont été inspirés par des modèles de réussite. Bien souvent, par des femmes et des hommes ayant excellé dans leur discipline. Si Enoch Effah ne devait retenir qu’une seule source d’inspiration, il mentionnerait sans doute sa mère, décédée alors qu’il était encore adolescent. Son « pilier ». Une femme qui a profondément façonné sa vision du monde en lui transmettant des valeurs fortes et une ligne de conduite. Aujourd’hui encore, Enoch Effah reste profondément marqué par le mantra de sa « championne du quotidien » : « deviens le meilleur homme possible ».

Le noble art comme discipline

Tout jeune, Enoch Effah se dirige vers la boxe. Un peu par hasard, admet-il. Déterminé, il s’inscrit dans une salle de boxe qui lui ouvre les portes de l’INSEP. Un sport dans lequel il excelle rapidement. À seulement 17 ans, Enoch Effah voit déjà loin, très loin. Il se fixe un objectif plus qu’ambitieux : devenir champion du monde de boxe en 5 ans. Relever un tel défi ne va pas sans sacrifices. Aussi, le jeune originaire de Melun se lève plus tôt, soigne tout particulièrement son hygiène de vie et, surtout, il change son système de croyances : « j’ai pris conscience que l’autre n’était pas un ennemi ».

En quelques années, Enoch Effah devient le boxeur hors pair que l’on connait, enchaînant les titres et les victoires. Il devient triple champion du monde et double champion d’Europe. Des succès dont il ne s’enorgueillit pas. « Comme tout bon Français, j’entretiens un rapport assez particulier à la réussite. En France lorsqu’on réussit, il ne faut pas trop se la péter », concède- t-il.

«  L’échec, c’est cesser d’être en mouvement »

Du ring à l’aventure entrepreneuriale

En parallèle de sa carrière de sportif de haut niveau, le champion poursuit ses études avec un but précis : devenir entrepreneur. Rapidement, il prend conscience de la nécessité d’allier sport et valeurs civiques, notamment pour accompagner les plus jeunes dans leurs projets professionnels. Après une licence de management obtenue en 2011, il rejoint l’incubateur de l’ESSEC côté entrepreneuriat social. 

Mais Enoch Effah n’a pas attendu d’achever son cursus universitaire pour entreprendre. Dès 2006, il fonde la société Nokefa. Son objectif ? Proposer un accompagnement personnalisé à ses clients associant sport et quête de confiance en soi.

Une autre philosophie de l’échec

Homme de terrain, Enoch Effah est un observateur avisé de notre société, de ses forces, mais aussi de ses faiblesses. Nourri par son expérience, il a publié un premier livre cet été. Son titre est pour le moins évocateur : 12 rounds pour exister au-delà des échecs.

Le fondateur de Nokefa prône en effet une nouvelle approche de l’échec. Selon lui, ce dernier ne réside pas dans le fait de ne pas atteindre un objectif. « L’échec, c’est cesser d’être en mouvement » précise-t-il. Et de poursuivre : « être en mouvement, ce n’est pas s’agiter, c’est plutôt s’interroger sur la manière d’impacter telle ou telle situation ».

Les 12 rounds désignent les différentes étapes à franchir pour se dépasser et persévérer malgré les obstacles. En désaccord avec les détracteurs du coaching, l’ancien champion reconnait avoir été guidé et inspiré ppar certains ouvrages de développement personnel : « grâce à cette dynamique, j’ai réussi à faire évoluer mes croyances et atteindre mes objectifs ».

À ceux qui ont un objectif bien précis en tête, il adresse le conseil suivant : « Lorsque vous poursuivez un objectif, autorisez-vous dix erreurs. Assurez-vous de chercher à faire mieux après chaque erreur Dès que vous commettez une erreur, mettez tout en œuvre pour la rectifier.Au bout de la dixième erreur, il convient de changer de cap», conclut-il. Perfectionnement et persévérance sont donc la clé. Enoch Effah déplore toutefois la montée en puissance du culte de la facilité et le déclin du goût de l’effort dans notre société. « La tendance est au “sans engagement” », regrette-t-il.

La clé des rencontres

La volonté individuelle, si forte soit-elle, ne fait pas tout. Des rencontres cruciales peuvent tout changer. Raison pour laquelle Enoch Effah insiste sur sa rencontre avec Marie-Annick Barthe, adjointe aux sports du maire du 13ème arrondissement de Paris de 2001 à 2008. Celle qui est également professeur d’économie l’accompagne dans plusieurs démarches, dont la recherche d’un emploi et d’un appartement.

Cette volonté de faciliter de belles rencontres est au cœur de son nouveau projet intitulé « Notre Rêve Français ». « On évoque souvent le rêve américain, il serait temps de valoriser le rêve français comme modèle de réussite », clame-t-il. Son but ? Réunir 300 décideurs à impact et des jeunes de 18 à 30 ans désireux d’entreprendre. Une initiative qu’il espère lancer avant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Affaire à suivre…

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