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23.11.22

Arnaud Studer trouve la note juste avec BAM Karaoke Box

       Lors d’un voyage au Japon, Arnaud Studer expérimente le karaoké asiatique. Une découverte. Il développe ce concept « à la française » et crée BAM Karaoke Box. Portrait d’un entrepreneur qui a su révolutionner une pratique culturelle désuète, en la remettant au goût du jour.

Il y a des voyages qui changent une vie. Parfois, ce sont des soirées. Parfois, ces moments se conjuguent. Tel fut le cas pour Arnaud Studer, fondateur de BAM Karaoke Box. Son aventure entrepreneuriale démarre au Japon, en 2011, lors d’un voyage avec des amis. Les soirées s’enchaînent. Et dans un lieu alors pour le moins original pour un Français : un karaoké.
Arnaud Studer l’avoue lui-même. S’il était allé à reculons à cette soirée, n’affectionnant ni la variété française ni ce type de divertissement, au bout de 30 minutes, ses appréhensions s’étaient dissipées. Si bien qu’avant son retour en France, le karaoké devient un passage obligé de bon nombre de ses soirées nippones.

Un an plus tard, ce sont ses amis qui viennent lui rendre visite en France. Pour se remémorer les bons moments passés au Japon, le groupe décide de renouveler l’expérience des soirées karaoké. Sans grand succès. « L’offre de lieux disponibles était assez sinistre et nous n’avions rien trouvé de similaire à ce qui existait en Asie. C’est là que je me suis dit qu’il y avait peut-être une idée de business. J’avais été le premier sceptique, mais aussi le premier convaincu. Lors de notre voyage au Japon, nous pouvions chanter cinq à six heures d’affilée sans voir le temps passer ».

Qu’est ce qui faisait alors la différence entre un karaoké français et un karaoké tel qu’il l’avait connu au Japon ? Le principe d’espaces privatifs, insonorisés, climatisés. En Asie, chaque participant peut profiter de ce moment en petits groupes, avec ses amis, ses collègues, ou sa famille. Des co-chanteurs choisis. Et l’assurance de pouvoir chanter sans complexe.

Pour le plaisir

C’est désormais lui, le financier qui œuvrait jusqu’alors dans un fonds d’investissement, qui recherche des financements. Les banques font les yeux ronds, trouvant l’idée… saugrenue : « Certains m’ont dit qu’ils me suivraient plus facilement si j’avais pour idée d’ouvrir une pizzeria… ». Mais convaincu du potentiel de son projet, soutenu par ses proches, Arnaud Studer ouvre son premier établissement BAM Karaokeé Box en 2014013, rue Richer. Pour casser l’image du karaoké, tout est pensé avec soin. Le lieu est décoré avec goût, les équipements très qualitatifs (micro professionnel, son BOSE, écran tactile) et l’intimité de chacun est préservée grâce à une parfaite insonorisation. Le succès est immédiat.

BAM Karaoke Box propose un concept simple et efficace : le lâcher prise. Une véritable promesse de bien-être dans un monde hyper connecté, fait de courses effrénées, où le présent s’efface toujours au profit de projections éparses. BAM Karaoke Box offre une parenthèse et invite à profiter enfin du moment présent. Comme le clame le slogan « chanter fort, chanter faux, chanter ensemble », aucune performance musicale n’est attendue. Si c’est l’occasion de réveiller le Johnny qui est en nous, il s’agit avant tout de se faire plaisir. Et de partager des bons moments. L’action de chanter crée une sensation d’euphorie car le corps active l’endorphine, l’hormone du bonheur, mais aussi l’ocytocine, l’hormone qui réduit le stress… Et chanter en groupe amplifie le phénomène !

Le blues du businessman

Un deuxième puis un troisième lieu parisien sont inaugurés, qui doublent voire triplent les capacités d’accueil. BAM Karaoke Box s’exporte ensuite à Bordeaux, puis à Madrid. Rien ne semble pouvoir arrêter l’aventure… Mais début 2020, la pandémie du Covid-19 met le monde à l’arrêt et entraîne la fermeture de ces établissements, lieux dits “non essentiels”, presqu’en continu durant dix-huit mois. Une épreuve extrêmement difficile pour l’entreprise et son fondateur, qui encore aujourd’hui peine à trouver les mots pour décrire la situation vécue : « Je n’ai pas de pire ennemi, mais si j’en avais un, je ne lui souhaiterais même pas de vivre ce que le Covid nous a fait endurer ».Pour rebondir, l’entreprise choisit de se réinventer et de se diversifier. De nombreux projets sont lancés : un micro de karaoké pour chanter à la maison, une application en B2C développée pour les hôtels ou les bars ou encore l’internalisation de production de contenus afin de développer un catalogue de chansons propre à l’entreprise. D’un établissement qui faisait du karaoké, l’entreprise devient un acteur multi-facettes. Bientôt, les particuliers pourront également louer des jukebox pour leurs événements, livrés avec tout le matériel nécessaire et pré-installé.

London calling

Dès que les établissements ont pu rouvrir, les clients étaient là. Fidèles comme au premier jour, heureux de chanter à nouveau. BAM Karaoke Box, une véritable catharsis face au monde moderne. Ses établissements sont en effet plébiscités par le grand public, mais aussi par les entreprises qui viennent y développer l’esprit d’équipe. Par les familles qui viennent fêter des anniversaires. Par des fans de K-Pop qui participent à des événements dédiés. La richesse du concept se trouve dans sa capacité à s’adapter au marché et à évoluer saison après saison. L’entreprise est de nouveau sur le chemin de la croissance, prête à conquérir l’Europe avec l’ouverture d’un nouvel établissement prévu à Londres en 2023.

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